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Oct 09

Le « Cinéma des Ours » par Paul Dedieu du Club d’Astronomie d’Ajaccio

LES   AURORES POLAIRES

Les Aurores polaires ? « Nuages de gaz enflammés ! » disait ANAXIMENE de MILET au 6ème siècle avant JC…ou « déchirures du ciel nocturne… » pour Aristote.

Ces phénomènes magnifiques de couleur et d’intensité se développent au pôle de la terre,  plus sûrement pendant les hivers.

 Autrefois appelées « le cinéma des ours blancs », les aurores boréales comptent parmi les plus beaux spectacles que la nature peut offrir gratuitement à l’humanité. Ces draperies de couleur qui flottent dans le ciel des pôles, émerveillent et fascinent les hommes et les êtres de ces régions.

 C’est Galilée qui, le premier, en 1619 utilisa le terme « d’Aurore boréale » pour qualifier ce phénomène.

 Le phénomène physico-chimique

 Ce phénomène céleste n’est connu que depuis 50 ans, même si les Romains, comme Pline l’Ancien l’observait déjà il y a 2000 ans.

 Les aurores sont créées par l’arrivée dans l’atmosphère terrestre des particules fabriquées par le Soleil et dont le transporteur est le vent solaire.

 Ces particules essentiellement des électrons et des protons chargés électriquement tournent autour de la terre, absorbés par le champ magnétique terrestre.

Après plusieurs circulations dans le champ magnétique terrestre (ceinture de VAN ALLLEN), ces particules vont rencontrer l’atmosphère aux hautes altitudes.

 Les premières réactions interviennent avec les atomes d’oxygène et les atomes d’azote.

  Ce sont ces collisions entre les particules solaires et les atomes constitutifs de l’atmosphère qui vont perturber  l’équilibre de ces derniers. En effet, chargés en énergie par la collision, les électrons des atomes percutés changent de niveau d’énergie.

 Cette situation ne dure pas, les électrons reprennent leur place dans les atomes d’oxygène et d’azote et libèrent en même temps l’énergie reçue sous forme de lumière :

     C’EST  LA  QUE  NAIT  L’AURORE  POLAIRE

 La couleur d’une aurore polaire dépend du type d’atome, oxygène ou azote percuté par les particules du vent solaire mais également par l’altitude où se passe la collision.

 L’oxygène donne une couleur rouge à 220 km d’altitude et verte à 110 km. L’azote donne une couleur mauve.

 La couleur dépend également du lieu d’observation et de l’intensité du vent solaire.

 Avec un vent solaire puissant, les aurores peuvent être vues à ces latitudes plus basses, mais la rotondité de la terre limite au nord de la France, par exemple, la possibilité de voir exceptionnellement une aurore.

  Les périodes favorables à l’observation

 L‘observation des aurores est liée à plusieurs facteurs :

Les aurores les plus visibles se manifestent entre 100 et 200 kms d’altitude. C’est en effet à cette altitude que l’intensité lumineuse est la plus importante.

       C’est l’activité solaire qui décide de l’apparition des aurores. Cette activité varie selon un cycle de 11 à 12 ans ; les périodes creuses étant peu favorables. Depuis 2011 l’activité solaire reprend, et il y aura un pic favorable en 2013.

     La zone géographique intéressante reste la région des pôles. Dans l’hémisphère nord, des pays comme la Norvège, l’Islande, le Canada, la Finlande sont recommandés.

      Il est préférable aussi d’éviter la saison estivale des pôles où la nuit n’apparaît pas certains mois.

Enfin, un relevé statistique montre que les mois les plus favorables seraient MARS-AVRIL au printemps et SEPTEMBRE-OCTOBRE en automne…à vérifier !

  Légendes et croyances

Les aurores polaires ont fait travailler l’imagination des êtres humains dans le passé et sont à la source de nombreux mythes.

 D’abord le mot «aurore » utilisé par Galilée le premier, provient de la mythologie Romaine. C’était le nom donné à la déesse de l’aube ou « lumière qui précède le soleil ».

 – Chez les INUITS, le ciel est un dôme percé de petits trous à travers lesquels arrive la lumière quand il fait noir. Cette lumière est due à des torches allumées par les morts pour guider les nouveaux arrivants : cette lumière c’est l’Aurore.

– Chez les esquimaux, les aurores étaient considérées comme un mauvais présage. Les esquimaux allaient même se munir de leurs couteaux pour les chasser.

 Les esquimaux, voyaient aussi en l’aurore la déesse des esprits de certains animaux…saumons, rennes, phoques etc.

 – Les Indiens Fox d’Amérique du nord voyaient dans les aurores une annonce de guerre. Elles étaient les fantômes des ennemis décédés, avides de vengeance et qui essayaient de se réveiller.

– Les Indiens de l’Est Canadien et de l’Alaska y voyaient la danse des esprits humains.

Enfin, au moyen âge en Europe, les Aurores étaient vues comme le reflet de guerriers célestes… une sorte de récompense posthume. Les Aurores étaient donc le récit des combats menés par les guerriers disparus.


Les Aurores et le Climat

 Au début du 20ème siècle les prévisions météorologiques s’appuyaient sur la présence des Aurores.

 Au Labrador, les Aurores étaient un présage de beau temps tandis qu’au Groenland elles étaient un signe de vent du sud et de tempêtes. Inutile de préciser que ces prévisions étaient loin d’être fiables.

 A la fin du 17ème siècle et au début du 18ème, il y a eu une faible activité solaire, les Aurores n’apparaissant plus.

 A cette période, le climat de la terre fût plutôt froid. Cette période est connue aujourd’hui sous le nom de « petit âge glaciaire Scandinave ».

 Les activités solaires sont ensuite reparties pour atteindre un maximum en 1991. Ce fût les plus intenses activités solaires des 300 dernières années où  le plus grand nombre d’Aurores polaires sont apparues.

 L’année 2013 ressemblera-t-elle à celle de 1991 ?

 

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